RÉFÉRENT COVID-19

Itw : “Le Référent COVID-19 doit suivre la réorganisation du travail”

Virginie ABADIE, Directrice Générale de C3S Formation répond à nos questions sur le rôle du Référent COVID-19 et de la réorganisation du travail dans chaque entreprise.

Face à l’épidémie du Coronavirus Covid-19 la vie est comme suspendue depuis le Mardi 16 mars 2020. Le déconfinement est prévu pour le 11 mai mais la marche à suivre reste floue et le plus compliqué pour les entreprises sera sans nul doute de relancer la machine… Quelles seront les conditions d’une reprise du travail et de l’activité des entreprises ? 

Après la pandémie du COVID-19, le monde change, mais qu’est-ce qui va changer concrètement dans le monde du travail ?

Virginie Abadie :
L’ensemble des entreprises, quelque soit leur taille et leur secteur d’activité vont porter une attention prioritaire à la santé et à la sécurité des personnes (employés, clients, fournisseurs,…). La prise en compte du risque sanitaire concerne l’ensemble des structures et ce nouveau risque doit s’intégrer dans la prévention globale des risques professionnels. Cette pandémie va foncièrement modifier les organisations du travail.

Quelles mesures devront être mises en place dans les entreprises lors de la reprise d’activité ?

Virginie Abadie :
« L’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés ».  Pour reprendre l’activité, il sera donc nécessaire d’avoir anticipé. L’employeur, avec l’aide des services de prévention et de santé au travail, doit réévaluer les risques et prendre des mesures de prévention sanitaires avec des actions individuelles et collectives. C’est pourquoi, l’entreprise doit préparer les affichages, investir dans des produits d’hygiène et surtout réorganiser le travail.

Quel est le rôle du référent COVID-19 dans la réorganisation du travail ?

Virginie Abadie :
Le rôle principal du référent COVID-19 est d’adapter les recommandations et obligations sanitaires à la réalité de l’entreprise. Selon la taille du site, le secteur d’activité et les contraintes autres déjà existantes les actions à mener seront différentes. Même si il existe un tronc commun, l’adaptation terrain est nécessairement spécifique.

Par exemple les procédures dans une entreprise du tertiaire avec des horaires de journée et des bureaux individuels seront distincts des procédures d’une entreprise industrielle avec des horaires en 3×8, des espaces de production avec de la co-activité.

Mais le rôle du référent COVID-19 va bien au delà des simples mesures d’hygiène. Le référent COVID-19 doit suivre au quotidien la réorganisation du travail, obtenir l’adhésion sur les bonnes pratiques et mener des actions de prévention.

Est-ce que la présence d’un référent COVID-19 est obligatoire au sein de toutes les entreprises ?

Virginie Abadie :
À ce jour, c’est une recommandation et non une obligation d’avoir un référent COVID-19. Cependant la réglementation impose d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs. Selon l’organisation de chaque structure, plusieurs personnes pourront intégrer ce rôle à leurs fonctions initiales. C’est d’ailleurs ce qu’il risque de se passer vu l’étendue de la tâche.

Les préventeurs, les sauveteurs secouristes du travail, les membres du CSE, les services RH, l’encadrement de proximité,… sont autant d’acteurs de l’entreprise qui seront en première ligne pour l’application des nouvelles mesures.

Sans oublier l’indispensable participation des services de santé au travail qui intègrent également des missions qui leurs sont propres. Les médecins et infirmiers de santé au travail font automatiquement partie de l’équipe des référents Covid-19. Le travail va être considérable pour eux car ils sont en première ligne dans les actions de prévention et doivent en même temps réorganiser leur pratique de suivi médicale et les protocoles des premiers secours.

Les habitudes des salariés vont-elles changer ?

Virginie Abadie :
Obligatoirement ! Et l’employeur doit par ailleurs s’assurer que l’ensemble des nouvelles consignes sont connues avant le retour au poste. Les neurosciences nous ont appris qu’une habitude s’apprenait en 3 à 4 semaines. Il va donc falloir être extrêmement vigilant, au cours du premier mois, à la reprise progressive de l’activité.

Pour cela, la présence de un ou plusieurs référents COVID-19 au quotidien est obligatoire pour communiquer et s’assurer de l’application des nouvelles consignes. Le référent COVID-19 devra par ailleurs stopper l’activité en cas d’impossibilité du respect des recommandations.

Les entreprises sont-elles en capacité aujourd’hui de reprendre leur activité en toute sécurité avec les moyens de prévention nécessaires ?

Virginie Abadie :
Cela est très variable d’une entreprise à l’autre. Certaines entreprises sont encore entrain de gérer la crise liée à l’arrêt de l’activité quand d’autres préparent déjà une future épidémie. Les sites ne pourront de toute façon reprendre une activité qu’en respectant les recommandations sanitaires.

Anticiper, c’est prendre dès à présent l’ensemble des mesures humaines, matérielles et organisationnelles. Prévenir c’est agir !

 

Virginie ABADIE

Virginie Abadie, Directrice Générale de C3S Formation

  • Experte de la prévention santé en entreprise depuis 15 ans
  • Professionnel de santé
  • Membre de l’encadrement médical des équipes de France des sports acrobatiques

 

 

 

 

 

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